A moins de 10 jours du grand départ de la Solitaire du Figaro, Fabien Delahaye peaufine la préparation de son Figaro Groupe Gilbert. Après la mise à l’eau et la mise en place des voiles neuves ce jeudi, le skipper effectuera aujourd’hui une navigation de contrôle avant de convoyer son bateau vers Saint Nazaire.
Il sera temps ensuite de retrouver la course la plus importante de la saison qui s’annonce, cette année encore, difficile et complète avec son tracé de plus de 2 500 milles alternant navigations côtières et hauturières. Pour Fabien Delahaye qui s’était classé 6ème en 2020, il est indispensable d’être régulier durant les quatre étapes pour espérer bien figurer au classement général, son objectif prioritaire.

Fabien, depuis le début de saison tu as beaucoup navigué en double, que ce soit en Figaro et en IMOCA, qu’est-ce que cela va t’apporter en solitaire ?

« Confronter les points de vue, c’est de l’expérience en plus. Cela permet de s’ouvrir sur certaines choses que l’on fait machinalement et qu’on ne remet pas forcément en question. Donc en ce début de saison, j’ai forcément poussé plus loin certains sujets avec une nouvelle approche, je me suis ouvert à d’autres façons de faire, que ce soit au niveau technique ou stratégique. En Figaro, on a beaucoup travaillé le côté technique lors de la préparation du bateau pour la Transat en Double, quant au Tour de Bretagne il a permis d’approfondir le côté tactique, stratégique, la régate pure. Tout ça apporte forcément au moment de retrouver son bateau en solitaire.

La Solitaire qui se profile est un gros morceau, avec notamment quatre longues étapes… 

« Comme tous les ans, on s’attend à une course difficile avec un départ tous les dimanches et 4 jours et 4 nuits en mer. Le programme est ambitieux, on aura peu de temps à terre entre les manches, donc peu de temps de récupération, il faut donc l’avoir en tête dès le début. Les schémas de navigation vont être très variés, alternant du large et du côtier, le Golfe de Gascogne, la mer d’Irlande, la Manche, des longues sections au large, des passages de courants… Ça va être une longue Solitaire et on part déjà sur une première étape très hauturière qui va nous mettre dans le bain tout de suite.
C’est la course la plus importante du circuit Figaro, celle pour laquelle on se prépare toute l’année. Elle se gère dans le temps, et avec l’expérience j’ai pas mal de repères pour l’aborder, à commencer par la première étape d’une longue série. »

A ton avis, quelles sont les clés pour bien figurer au classement général ?

« De mon côté je préfère miser sur la régularité que sur la victoire d’étape, j’ai toujours fonctionné de cette façon. L’année dernière, je me classe sixième au général grâce à cette régularité justement. Il faut savoir prendre des risques au bon moment mais surtout il faut savoir les mesurer parce que la Solitaire du Figaro se perd sur une étape, un coup peut tout nous faire perdre. Il ne faut pas oublier que cette course se joue au temps, pas aux points. Il est clair que je ne prendrai pas de risques inconsidérés pour aller gagner une étape, ce n’est pas l’esprit. Mon objectif c’est le classement général. »

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